SONS DE LA PLAINE

Installation sonore

Festival Archipel, Genève, 2002

Technique, diffusion, Thierry Simonot

Programmation, Nicolas Sordet

En explorant simultanément, en mars 2002, les caractéristiques physiques de la Plaine de Plainpalais située au centre de la ville de Genève, Jacques Demierre et Jean Stern, plasticien, prolongent le projet architectural de réfection élaboré par Carloz Lopez, architecte, à travers deux réseaux, l’un sonore et l’autre visuel, qui renvoient autant à la forme et aux limites de cet espace libre, qu’aux qualités de son sol et de son sous-sol.

Un tracé de haut-parleurs, suivant le pourtour de la plaine, raconte l’interaction entre la sonorité du mouvement sur le granit concassé et le déplacement du son dans cet environnement. Plus à l’intérieur de la plaine, différents sons d’eau suggèrent une écoute renouvelée où se retrouvent réunies sonorité historique et ambiguïté ludique face au bourdon urbain.

Aux tracés du compositeur et aux quadrillages de l’architecte se greffe une géométrie dispersée de cylindres métalliques dans les arbres. Le réseau visualisé ouvre l’éventail de la plaine par les scintillements du métal et l’arpentage qu’il semble donner du lieu.

Ainsi superposés, le sonore, le visuel et l’architectural, s’assemblent selon une logique que leur confère l’auditeur/spectateur. En côtoyant ce triple réseau, il définit un ordre, ou un désordre, suivant sa place, suivant le mouvement qu’il peut imprimer à l’ensemble. Une œuvre à échelle humaine pour dire un espace immense, libre.

L’installation sons de la plaine, commande du festival Archipel, intervention à la fois visuelle et sonore, réagit à un projet d’aménagement architectural en questionnant les réseaux souterrains – liquides – et de surface de la Plaine de Plainpalais dans une relation étroite avec la forme et la dimension de cet espace (un losange de 78000 mètres carrés): cinquante cylindres métalliques dispersés et hissés dans les arbres, un par arbre mais pas tous les arbres, placés le long d’une branche maîtresse et dans des orientations diverses, plutôt verticales, constituent un réseau sur lequel on peut appliquer, projeter ou percevoir un canevas qui renvoie aux contextes des flux liquides et sonores du lieu; deux implantations de haut-parleurs situés aux limites de la plaine et sur les futurs circuits souterrains établissent une coexistence dynamique entre sons environnementaux et sons fixés, lesquels jouent avec les flux piétonniers et interagissent avec les vides et les pleins du trafi automobile réglés par les feux de circulation, les bruits souterrains et de surface traçant alors l’espace.

sons de la plaine

DVD-trace d’une intervention dans un espace public et commentaire sonore et visuel autonome.

© Carla Demierre, Jacques Demierre, Jean Stern. 

@ptt_dvd 01, 2004